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Prime pélérinage des Troys Monts PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 09 Mai 2006 00:00
Où l’on gravit les haultes montagnes bretonnes
 

Les bons pélerins m’ont mandé pour faire chroniques de leurs repentances et sacrifices en ce jours afin de gagner la sauvegarde de leur âme éternel et leur ciel qui est le seul et ultime désir de chaque chrestien.
Certes un peu de paganisme s’est glissé ça et là en Lande bretonne mais tout les saints du paradis ayant grand amour de nos ajoncs il nous sera beaucoup pardonné !


En le samedi 29 nos charrois nous menâmes en le menez hom. Y étaient Lisette et Messire de La Soraye et la Mariotte et enfançons qui sont Lancieux et Yan Razcap qui n’a point de cheveux en le chef et est de lez nominoé et Kerdrig et Gwenddyr qui sont bons artisants de Kalon Klézé et Mathilde et Morgan qui sont confrères facétieux.

Les pèlerins

Le temps était fort dolce et le soleil brillait entre les nuages ce qui estoient bonne augure pour cheminer.
Comme s’était jour maigre, pains et harengs fut notre pitance avec eau et ale douce consacré du nom de nostre pélérinage ce qui n’est point péché !
Nous marchames une demi lieu en chemin de caillou mais les poulpiquets avait robé les chemins de traverse figurant sur la carte du sire de la Soraye et tous se trouvèrent en cul de sac.
Mais comme le chemin estoit de rude pierre et non pavé de bonnes intentions, il n’estoit point celui de l’enfer.
Le sire de la Soraye, n’écoutant que son courage et la foi inébranlable de ses compagnons décidait alors de couper a travers la pente sans suivre de sente tracée.
Bien leur en prire, car tant d’ajoncs il y avait et tant pénible ce fut que tout a chacun y gagnèrent moults indulgences pour leur péchés passés et à venir tant pour les enfançons, que les bonnes chambrière mal chaussées et aultres bons pélerins.


Les pèlerins

Hors donc entre l’Aulne et la baie de Douarnenez ce fut vision enchanteresse qui se dévoila a nos yeux pour récompenser notre courage.
Rude furent les montée et profonde les sentes, mais malgré moultes ornières et tours et détours de lutins, nous arivames en le haut du ménez hom à genous où nous priames nostre Seigneur comme il se doit.

En le soir du 1er jour nous trouvâmes hostellerie où nous repaistre et dormir.
Là encore nous fimes maigre, mais de part notre action sacrificielle du jour en les ajoncs, nous eume droit à boire hypocras.
Et donc fut créé la Confrérie de l’Ajonc, loge secrète de la Confrérie des Troys Monts, et ne pouvait y entrer que iceux s’étant roulé dans les ajoncs pendant pélérinage.


Le lendemain nous arivâmes, après moult détours pour éviter grand charivari et les archers, en vue du monts S Michel de Braspart.


Nous cheminânes pendant une lieu avant de sortir pain, jambons et paté car ce n’était plus jour maigre mais celui du Seigneur où abondance raisonnée est de mise.


En bon pélerin nous partageames pains et victuailles le séan sur la lande et vîmes que c’estoit bonne et chrestienne chose.
A travers le marais qui estoit de belle et redoutable aspect la sente nous mena et les anges du paradis et monseigneur l’archange st michel nous protégea des risques et mauvaise rencontre et des charrois qui versent en les fossés peu après notre passage.

Les pélerins

Pour l’y remercier comme se doit, nous gravimes les dernières toises à genous en chantant cantique et actions de grâces et nous roulames a nouveau dans les ajoncs. Certains y ajoutères même aubépines, ronces et genets, mais c’estoit gourmandise de leur part.
Il fondèrent une loge secrete dont je ne connois point le nom, où l’on est vestu de cuir tanné et l’on mort une balle d’esteuf, ce qui est fort étrange.
Cet ordre se rapporterait à St Michel, car en aurait les mêmes initiales.

Nous fîmes tous prières en la chapelle et revinrent le coeur lèger entre nostre hostellerie pour ripailler et fester ce bon et beau pélérinage. Le soir la Mariotte nous fit bon poulet au gigembre et au miel, mais trop chaud estoit l’âtre et le poulet manqua d’être mal ardé.

Grand courage je dois conter en ces jours que celui de la Mathilde qui s’estoit tordu le jarret et fit pélérinage quand même, des enfançons qui marchèrent comme grandes personnes et de l’ensemble des pélerins qui suivirent avec fiance un guide parfois incertain, mais mâlement trompé par de mauvaise copie des moines de l’abbaye de Li Géhenne.

Ci estoit bon et beau et l’on recommencera à nouveau l’an suivant !
Mise à jour le Jeudi, 23 Avril 2009 13:39
 
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